jeudi 10 septembre 2009

Publicité et enfants : attention!

La publicité qui fait la promotion d’aliments de piètre qualité nutritionnelle non seulement influence les habitudes alimentaires et la santé des enfants, mais elle est aussi un des facteurs de l’obésité infantile.

Au Québec, la publicité destinée aux enfants de moins de 13 ans est interdite depuis 1980. La Loi sur la protection du consommateur (LPC) interdit notamment la promotion de produits ou d’aliments attrayants pour les enfants durant les émissions de télévision qui leur sont destinées. Des messages publicitaires sur des jouets, friandises ou autres aliments ayant un attrait particulier pour les jeunes peuvent toutefois être diffusés lorsque les 2 à 13 ans représentent moins de 5 % de l’auditoire. Aux heures de grande écoute, c’est tout de même des milliers de jeunes qui seront influencés par les pauses commerciales qui annoncent des aliments de piètre qualité nutritionnelle. En effet, au Québec, 73 % des produits annoncés ne font pas partie des quatre groupes du Guide alimentaire canadien…

Malgré que certains critiquent la LCP, et surtout son application, les pratiques commerciales sont tout de même mieux encadrées que dans d’autres provinces ou pays. Aux États-Unis, par exemple, le Center for Science in the Public Interest a évalué que :

•plus de 50 % des publicités présentées au cours d’émissions pour enfants sont consacrées à la nourriture ;

•parmi ces publicités, 9 sur 10 mettent en vedette des aliments de piètre qualité nutritionnelle.

La réglementation en vigueur chez nos voisins du Sud autorise un maximum de 10,5 minutes de publicité par heure de diffusion les jours de semaine et 12 minutes par heure de diffusion les jours de fin de semaine. Sachant que l’enfant américain moyen passe 2 heures et 46 minutes devant la télévision chaque jour, ça fait grosso modo 30 minutes de publicité quotidiennement. C’est beaucoup plus qu’il n’en faut pour imprégner les petits de ces messages indésirables!

Les messages publicitaires influencent la reconnaissance des marques, le choix de certains produits, et font la promotion de la surconsommation.

Stratégies alternatives

Les contraintes de la loi québécoise n’arrêtent pas les fabricants qui, aidés de spécialistes du marketing, trouvent des moyens détournés pour atteindre leur public cible. Aires de jeux, figurines, personnages de dessins animés, formes amusantes, jeux et activités sur les emballages, couleurs vives, dessins attrayants, et plus encore. Tous ces facteurs attirent votre bambin vers un produit ou un restaurant plutôt qu’un autre. Vous vous en étiez rendu compte, n’est-ce pas? Mais pas vos enfants…

Cible privilégiée

Les enfants sont des proies convoitées, car :

•des études ont démontré qu’une publicité de 30 secondes suffit à influencer les enfants ;

•la fidélité à une marque de commerce peut s’établir aussi tôt qu’à l’âge de 2 ans ;

•environ les deux tiers des produits consommés pendant l’enfance le seront aussi à l’âge adulte.

Les enfants ne distinguent pas la publicité de la programmation régulière. Leur naïveté et leur crédulité en font des cibles de choix lucratives pour les entreprises. Ce n’est qu’à l’adolescence que les jeunes commencent à comprendre les objectifs de la publicité et à développer leur jugement critique. Et encore... (
http://www.extenso.org/nutrition/detail.php/f/1708/p/2 )